TEXTES

ZOOM IN – ZOOM OUT – GARDER SES RELIEFS

“Restez chez vous”,  puis après un silence destiné à augmenter l’impact dramatique, “dès demain”, suivi d’autres mots dont je ne me souviens plus.

Dès les le lendemain nous étions donc chez nous.

J’avais cru un moment avoir aussi compris “taisez-vous”, “cachez-vous”, “participez à l’effort de guerre” voire “tenez-vous à carreau”.

Un effet secondaire de l’angoisse de l’enfermement, sans aucun doute.

Fallait-il pour autant tout interrompre, tout arrêter, entrer dans une sorte d’hibernation, entre burn out, nervous breakdown et binge watching ?

“Profitez-en pour faire ce que vous n’avez pas le temps de faire” nous enjoignait la vidéo officielle, celle avec la vieille dame rassurante, le monsieur sympathique et l’étudiante un peu jolie mais pas trop.  Quelques activités étaient suggérées. Je crois qu’il était question de lire un livre. Bien. La masturbation était évoquée à travers une métaphore assez lourdingue. Ok ok.

Tout ça était bien hébétant !

Cette vidéo quand même ! C’était sans précédent en effet, jamais humanité n’était allé aussi loin dans le style.Une bienveillance institutionnelle aussi touchante qu’un doigt a priori inoffensif tentant de s’insinuer là où on a pas trop envie.

Que faire donc ?

Que faire d’autre que les activités recommandées ?

Les désirs, eux, n’avaient pas beaucoup changé. La question de la corrélation des désirs profonds aux circonstances extérieures se posait. C’était une question mathématique.

Les artistes du vivant, du corps, du direct, les expérimentateurs/trices du sensible se retrouvaient un peu con/ne face à un mur, face à des écrans.

Les espaces d’expérimentation, le Générateur étaient locked-down, figés pour un temps inconnu.

Se tenir à carreau ? No way, pas possible, pas souhaitable, pas sain.

Le corps entravé, l’esprit libéré ? Question de goût. A voir.

Bref il fallait faire quelques chose.

“Faire quelque chose plutôt que de ne rien faire même quand on ne sait pas faire”. J’avais écrit ça dans mon manifeste.

Est ce que le rectangle était autorisé ?

Rien n’était précisé dans le décret, alors je lançais l’idée de continuer Show your Frasq sur Zoom.

Un moment de performance, un rendez-vous inédit, un projet collectif, un terrain de jeu, un champs d’expression, chacun dans son rectangle, derrière une caméra, pas de programmation, pas de coordination, pas de calcul, pas recherche de résultat, des univers qui se croisent,  se rencontrent, se confrontent ou s’ignorent;  un spectateur libre qui zoome sur ce qu’il veut  et peut  montrer sa tête s’il le souhaite. Une expérience vivante par écrans interposés aux principes proche de Show your Frasq. Un saut dans l’inconnu.

Le sujet fut clivant.

L’horreur pour certain/es : un truc américain, orienté business , virtuel, digital, sans la chair, sans les neurones miroirs, sans le trouble des yeux dans les yeux, sans les odeurs.

L’enthousiasme pour d’autres : continuer à faire, à créer, à expérimenter, à détourner, voire carrément retourner le Zoom en Mooz.

Le doute pour beaucoup : mouais, Zoom ? what the fuck ? Comment faire ? Que faire ?

L’équipe du Générateur qui n’a pas peur de l’inconnu me dit: pourquoi pas,  OK, essayons, parlons, voyons , faisons. Puis: recommençons, modifions, testons. Puis : continuons.

Avec quelques un/es nous avons donc bricolé nos performances en quelques jours, nous nous sommes improvisés cinéastes d’intérieur, créateur d’effets spéciaux, éclairagistes, costumiers, zoom master, magiciens.

Evidemment le résultat ne fut pas cohérent, un truc inclassable, illisible parfois chaotique, parfois harmonieux, des surexpositions de sons jusqu’à l’inaudible, des dialogues inattendus,  des univers singuliers proches ou lointains, parfois aux antipodes, des visiteurs perdus oubliant de fermer leur micro et commentant en direct avec la sincérité de qui ne sait pas être écouté, des qualités d’images diverses, une esthétique de la technique imparfaite, des sons difficiles à relier avec les images, quelque chose de l’ordre du dépassement. Peut être la reconstitution d’un psychisme humain. Nous étions tous dépassés,  artistes et visiteurs.

L’’expérience se révélait étonnamment  troublante, émouvante, voire sensible.

Pour les visiteurs,  une plongée dans l’intimité des artistes (crue ou mise en scène), un accès direct aux “chez soi” dont on parlait tant, la possibilité de contrôler les images et le regard sans être vu et l’impossibilité d’échapper à une forme de vérité : être spectateur c’est être  voyeur.

Pour les artistes, la présence floue des autres artistes dans les cases alentours, à la fois proche et lointaine, leurs voix, leur sons,  un rapport étrange au regard des visiteurs, le contraste entre l’intensité de la mise en jeu dans le champs de la caméra et la banalité du chez soi alentour dans une même conscience quasi schizophrénique, et la sensation  de produire une oeuvre radicale, ensemble, pendant 2 heures chaque samedi.

Les questions posées par Show Your Frasq, et plus généralement par le champs de la performance,  se posaient ici de manière encore plus forte : celles du spectaculaire, de l’illusion, de la vérité, de la sincérité, de l’artifice, du rapport au public, du singulier dans le collectif, de l’écoute, de la présence, de ce qui est réellement en jeu…

Au fil du temps, des répétitions, des échanges, nous avons mieux compris l’outils, ses possibilités, ses limites, quelques éléments de base sur la lumière, le cadre, le son.

Quelques corrections ont été opérées pour éviter l”inaudible, les clashs, les crashs mais nous avons compris que la nature de la démarche restait celle d’une aventure, un bricolage poétique  et qu’il n’était ni possible, ni souhaitable d’en faire un produit aux contours connus d’avance.

Zoom you Frasq n’a fait que confirmer, encore une fois,  que la qualité de l’intention, du désir, de la démarche, du geste donnait à la création vivante une valeur autre que l’obsession du produit fini parfait et que le le saut dans l’inconnu était une forme d’art puissante et inépuisable.

Ce que nous faisons là est sans doute l’antithèse, l’antipode voire l’antidote de cette vidéo officielle. Nous gardons nos reliefs dans un monde qui s’aplatit.

05/05/2020

 

STIGMA TEASER

Mate mes stigmates
De mes veines sort le sensationnel
J’exhibe mes plaies textes, martyr chic.
Le dit vin se boit cul sec.

Mate mon stalagmite.
Le goutte à goutte endurcit, ça croit, ça croit.
Le  rouge épate les poufs mystiques, les saintes en plastique.
Si l’icône est la mère, elles veulent voir, elles veulent tout voir.
Et que ça coule, ça coule.

Mate ma mystique cicatrice
La fente fascine.
Pas d’explications si ça vient du fond, si ça saigne c’est bien.
La trace convaincante d’un super pouvoir. Super papa s’ incarne
Daddy don’t kill the messenger.

Mate mes plaies
Look at my pain. Je souffre c’est beau. Je te la met dans ta face.
C’est l’heure du show. C’est king size.
On a  du rouge plein les yeux. Ça claque bien. Ça le fait.
Meme pas mal ou si peu pour tant d’effet.

Mate mon sang d’encre
Ca sent le fer, on est pas loin du paradis. Dépassé par la passion
Je danse avec mon corps douloureux.
L’extase anesthésie.
Je suis au service d’un au -delà kitsch.

Mate ma mort dorée
L’ambiguë, l’état mort faussé, ça plaît, ça fait un sacré effet.
La demi mort pas fine avec tout le tralala.
Le semblant d’état intermédiaire, le business du dernier souffle qui ne s’arrête plus, Soutenu par une force de l’outre monde, La croix rance est au rendez vous.

Mate mon martyr lyrique
Allo l’au-delà ? C’est moi.
Je suis là pour fasciner les esprits par derrière.
J’incarne un chant des sirènes pas fraîches.
C’est émouvant. C’ est fascinant, non ?

 

BUSINESS LOUNGE 

Ca sent le pipi dans le business lounge. 

Les liquidités s’écoulent bien. Les surplus d’urée sans valeur  s’évacuent. Ça sue sous les aisselles. Parfois ça pue. 

Urètre ou avoir ? 

On rêve de l’écartement vertigineux des jambes après lavement des amants, mais on s’y ennuie. 

Je ne sais plus quoi faire pour épicer ce moment. Je regarde mes acolytes  du fond de mes orbites oculaires et guette un semblant de réaction. Rien. On verra bien dans l’avion.

En attendant j’erre. J’ai envie de profondeur. Je mange du saucisson. Je rêve d’intensité mais l’espace est lisse. 

Je reste sensible aux impressions et qualités fines presque imperceptibles mais ce réel est plat. Le partage du sensible est il encore possible ici? Trop d’identités sclérosées, il faudrait dissoudre tout ça. Faire péter les assignations identitaires pour que les peaux redeviennent désirables. Sortir de l’aire grégaire et des troupeaux trop sur d’eux et trop peureux. 

Mais le lounge se veut cool, les certitudes s’imposent. Chacun a sa place et tout le monde va bien. Aucune zone d’indétermination, aucune chance  d’être défait par une émotion. Tout tient bien. 

Et pourtant Saucisson est mon corps. Qui en veut ? Allô Dyonisos. 

Je veux des corps qui soient champs d’expérience. Je veux d’une excitation affranchie de la tutelle du sujet. Des paroxysmes. Des dissolutions dans le spasme. 

Suis je le seul à ne pas avoir renoncer à ça ? Y a t-Il un être humain dans cette salle – un seul qui penses au spasme et rêve de sortir de son corps caverneux ?

Le statut de passager réduit il a l’errement policé autour d’un buffet froid ? 

Une  olive suffit-elle a la plénitude ? 

Bon bref. Je n’ai pas d’apps. J’ai des doigts mais pas d’apps. Sans apps pas de  link. Sans link pas de sex. Sans sex pas de spasmes. L’instant sex est dead. 

Le vertige avec l’inconnu auprès duquel rien n’a été prémédité fait il encore partie de ce monde ?  Le monde des apparences et des apparemment dupés est il dépassable ? Je crois qu’il y a une douche dans le lounge   Je vais de mes doigts toucher ma chair. 

J’irai pisser aussi. 

Seul. 

Avant l’avion. 

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LAST TRAIN

Midnight sur le quai. L’air glacé.

Il y a une guirlande lumineuse au loin, le silence est total, absolu. Je mens bien sûr, IL Y A UNE GROSSE HYPOTHÈSE ENTRE MOI ET LE RÉEL, je le sais bien. Nous ne sommes plus dupe depuis bien longtemps. L’ important n’est pas de mentir ou pas. L’important n’est pas cet impératif catégorique ridicule qui démontre les limites d’une certaine forme d’exercice de la raison. L’important est la qualité de cette fiction et sa capacité de se connecter au réel, de prendre fondation dans le réel pour en assurer la solidité.

Le réel ici semble plat, rien, rien ne bouge, aucune action dans ce lieu fonctionnel déserté, dans cette ville où tout le monde semble dormir. La seule trace d’une activité humaine se manifeste par l’éclairage public et cette guirlande au loin. C’est un lieu de transition immobilisé, figé dans le silence et le froid. La dame qui annonce les retards ne dit plus rien. Personne. Je ne sais pas ce que je fais là. Ce lieu s’est imposé à moi. Un cliché certes, mais un cliché efficace. Je suis debout sur ce quai et j’attends. Enfin non, je suis là mais je ne sais pas pourquoi, je l’ai déjà dit. Il y a un couvre-feu ou quoi ?

Il y a un train qui va passer, enfin peut-être, enfin c’est sans importance à ce moment précis. Ça manque de force, je me dis que la situation manque de force. Heureusement il y a le vent fort, le vent fort dans ma face. Ça crée une ambiance, ça stimule quelque chose d’intéressant. Le principe est simple: SORTIR DE SOI, aller au-delà dans une autre dimension tout en restant vivant et biologiquement intègre. Il faut pour cela trouver l’endroit et le moment. Je crois bien que c’est le bon endroit et le bon moment. Je ne suis pas venu ici par hasard. IL N’Y A PAS DE HASARD. Juste un flux dans lequel on baigne. Des choses arrivent, des situations se présentent, des états adviennent. TOUT EST BON À PRENDRE, en même temps dans un même flot de perceptions et d’interprétations. Tout est parfaitement juste.

Je crois entendre un pet au loin, du côté de la guirlande lumineuse Un de mes pairs aurait pété bruyamment au milieu de la nuit?

Je sens que le train arrive, le vent dans ma face s’amplifie. Une silhouette apparaît sur l’autre quai, elle disparaît. Je sens que quelque chose d’intense va se produire. J ’imagine me faire poignarder ou quelque chose dans le style, mon sang coulant lentement sur la voie à l’occasion d’une longue agonie stylée. Je ne suis pas sûr que j’aurais lutté, tout dépend de qui m’aurait poignardé. J’aurais accepté l’acte gratuit, j’aurais fermement refusé d’être le terrain de jeu d’une idéologie quelconque et servir de plan de communication. Je ne suis pas là pour ça.

A un moment donné je me sens littéralement pénétré de bas en haut, puis pris de spasmes comme l’impression de me DILATER DANS L’ESPACE, me dissoudre dans un orgasme indicible. C ’est ça la mort ? Pas mal ! Non ce n’est pas la mort, ni même un viol fantasmé. Rien de tout ça. Un phénomène de nature inconnue a traversé ma chair. C’est ce que je suis venu cherché ici. Une vie ramassée en quelque secondes puis une expansion soudaine. Une perte totale de contrôle. L’intensité dans le vide. J’aurais aimé partager ce moment mais là je suis trop seul, seul à attendre le dernier train.

Je n’ai jamais su si le train était passé ou pas. Je n’ai jamais vraiment su ce qui s’était passé Ça s’était passé. C’est encore là bien au fond. Présent. Réel. C’est réel. Je l’ai bien ressenti dans mon cul, le long de la colonne, dans la gorge, dans la tête. Partout. Le réel. LE RÉEL M’A TRAVERSÉ DE PART EN PART.

Like a last train in the dark.

AMAZON SENSIBLE – Un already made.

Ça sent l’épiderme sensible.

Protégé. Blindé. Des copeaux qui poussent. Des copeaux légers qui protègent des coups. Pratique. De partout ça m’envahit. Je nage dans le polystyrène et les bulles d’air. Extase.

Je suis prêt pour le voyage !

DPD me transportera à destination et c’est pas des pédés. Le pédé c’est moi. Bien protégé, bien capoté avec une couche de protection fine mais efficace, un enrobage solide résistant au choc. Une belle carrosserie comme on dit.

Fabriqué dans une moule. Violemment démoulé par un extracteur à pompe. Éjecté sur un tapis. Roller coaster industriel avec tous mes frères. Tous sur le même tapis, volant à vive allure vers notre destinée. Non. Destination Point de livraison. Boite aux lettres. Casier automatique à code. Pick-up station / Colissimo / Cytisimmo / Amazon Locker. Ne pas oublier le code sinon retour à l’expéditeur. L’horreur.

J’ai l’air de me plaindre mais pour les poulets c’est pire. Électrocution massive. A la vitesse de 2 volailles seconde. Ça meurt. Ça meurt. Ça meurt. Tout ça pour finir en crotte. Bon…

La toxicité du produit manufacturé le rend impropre à la consommation. Une chance pour la survie.

Mais pas de misérabilisme ! la mise en beauté est particulièrement soignée. Le vernis renvoie un peu de lumière. Il faut que ça brille. Juste ce qu’il faut. Pas trop. Sinon la vérité apparaît. Il faut du flou. C’est bien le flou. L’emballage se veut excitant. La promesse du bonheur à son apogée. Orgasme d’espoir. Je vous promets de vous faire jouir. Comme jamais. Comptez sur moi. Comptez vos billets. Rien n’est gratuit. Je suis là. Payez sur PayPal. Je suis votre ami. PayPal au teint rose et frais et sain et neuf. Neuf. Vierge. Jamais utilisé. Fabriqué. Emballé. Jamais touché par main humaine. Aucune matière grasse humaine déposée à la surface. C’est sain. C’est si sain. Ah ça ! Sain.

Objet du désir. Fragile. Si fragile. C’est l’objet qui crée le désir ou le désir qui crée l’objet ? Qu’importe pourvu qu’on ait l’ivresse. L’impulsion irrésistible. La raison off.

C’est le safari au supermarché. Je me fais chasser. Je me fais décalotter. Manipulé. Touché. Je colle à la peau humaine. Je colle au cul. Je m’insinue dans les synapses. La perfection d’une rencontre éphémère. Instant Sex. ! Le moment précis de la rencontre, le premier contact, le déballage, le mode d’emploi. Employez-moi, utilisez-moi, manipulez moi. Profitez. Profitez. Profitez. C’était court mais bon. Court, mais….. bon…. déjà ?

Laissez-moi vous faire jouir un peu avant de me jeter à la poubelle.

Post scriptum :

Ce sac doit être réutilisé et ne doit pas être abandonné dans la nature humaine

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JOHNNY

En face de moi Britney Spear buvait une bière avec un sosie  – très beau – du diable. Je mangeais une andouillette, une spécialité locale.

La centrale nucléaire était  située à 20 km de là. L’image de Valérie apparut au fond de l’assiette. Il me fallut détourner le regard  pour pouvoir continuer à manger. La vue d’une crotte de chien joliment  moulée par un anus canin innocent me redonna goût à la vie.  Le diable buvait un coca, il parlait d’une femme aux cheveux rouge.

Une chanson passait, celle de Johnny Hallyday sur la fatigue de vivre. Je me mis à pleurer.

Johnny ? Quel drôle de prénom.

 

POUDRE DE PERLIMPIMPINE

Secouez moi les boules à neige  

Addicted à la Poudre blanche. 

Je vous colle au cul, la poudre apparente. 

Je vous ronge les veines. 

Les nerfs gisants. 

Même bio l’indice est le même  

Attaque glycémique en douceur. 

La douceur de l’inflammation

L’indice stérique attaque les nerfs 

La betterave est perverse-narcissique. 

Le maïs veut la mort. 

Non tu n’es pas santo, maudit sirop. Transformé. 

Gluco-Fructose te décompose 

La poudre apparente, on y croit. 

Ça fait envie c’est sur. On croit que c’est bien dur mais ça fond dans la bouche. Ça devient mou, coule dans la gorge et descend jusqu’au trou. Lentement 

Promesse non tenue. 

Mini-jouissance dans la bouche. Grosse fatigue suit. 

La bouche pâteuse, çà fermente. 

Des relents d’alcool à jeun. 

Ça pue de la gueule ta douceur apparente. 

L’American Pie a pourri. L’édulcorant rend. 

La nano particule fait un bel effet glacé. La beauté du faux tue. 

Aime et aime’s et meurt à petits feux. 

On ne naît particule on le devient.

Dans les bonbons. Bombons les bonbons. Boum. En morceaux. L’agglomération des cristaux en un bloc dur. 

Pornographie des glandes fatiguées. Sécrétion à répétition. 

Épuisement de l’insuline..Le pancréas profond bourré à la poudre de perlimpimpine. 

J’ai les nerfs gisant saupoudré de mes attaques  acides. L’émail à vif. 

Aimez moi encore de ma douceur innocente. 

 

LES FILLES DU CALVAIRE.

Les Filles du Calvaire ont des règles abondantes.

Leurs œufs coulent en flux menstruel. Abondance mensuelle, ça sent le fer. Rouge Sang. L’enfer ? Si beau le flux. Le chaud du flux. Le gluant du flux.

Abandon sensuel de fertilité passée.

Dépassées, elles laissent couler leur jus d’utérus, et leurs jours dédiés à Dieu.

Pondeuses de sang dans des espaces vierges, elles ont dans leur corps ce phénomène inutile. La biologie pour rien entre les cuisses. La nature a tout prévu mais elle s’est plantée pour les Filles du Calvaire. Sans règles aurait été tellement plus simple, plus cohérent, sans sang pour rien. Pas de rappel inutile de la chair pour celles qui se rêvent pur esprit. Plus de corps subi pour la vie pour celles de la stricte observance. Couvent. Encore et toujours l’œuf. Encore et toujours le désir entre les jambes. Les vibrations du bus.

 Jusqu’à l’âge canonique où ça cesse. Jusqu’au jour où l’au-delà les arrachera à ce calvaire.

Tenez bon les filles.

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